Films

Un Chien Andalou

Un chien andalou

Un film de Luis Buñuel et Salvador Dalí
Avec Luis Buñuel, Pierre Batcheff, Simone Mareuil
Drame | France | 1928 | 17min
Sortie en DVD le 02 Novembre 2005
L’impression de l’inconscient
Un Chien Andalou est le fruit de la rencontre entre deux génies, le réalisateur Luis Buñuel et l'artiste Salvador Dali, qui mettent en scène des images issues des profondeurs de leur inconscient.
Un Chien Andalou est salué par André Breton comme la première œuvre du cinéma surréaliste. Il est aussi le premier court métrage réalisé par Luis Buñuel avec la collaboration, et non des moindres, de Salvador Dali. Le scénario emprunte à l'écriture automatique qui, pour les surréalistes, est le révélateur du fonctionnement réel de la pensée. Ainsi, l'idée du film, raconte Buñuel, est née de l'association de deux rêves. « En arrivant chez Dali, à Figueras, invité à passer quelques jours, je lui racontai que j'avais rêvé, peu de temps auparavant, d'un nuage effilé coupant la lune et d'une lame de rasoir fendant un œil. De son côté il me raconta qu'il venait de voir en rêve, la nuit précédente, une main pleine de fourmis. Il ajouta : "Et si nous faisions un film, en partant de ça ?" ».

Etant donné le recours constant au rêve, aux associations d'idées, au mélange de deux univers, il est difficile de raconter le film. Mais pour résumer, il s'agit de l'histoire d'un jeune homme et des difficultés qu'il rencontre pour rejoindre une femme, objet de ses désirs. Il traîne derrière lui les vestiges de son passé, des pianos remplis d'ânes morts, il doit combattre son double pour finalement voir sa promise lui échapper et partir avec un autre homme.

L'avant-gardisme d'Un Chien Andalou réside dans la violence et le mystère. Le prologue du film débute sur un homme, Luis Buñuel, qui tranche l'oeil d'une femme au rasoir. Les corps sont rudoyés et éprouvés, tout comme le temps et l'espace. Le spectateur est constamment malmené et sa sensibilité est mise à bout.

Ce premier court métrage sera très vite suivi de L'Age d'or (La Edad de oro, 1930) qui confirmera le trait surréaliste et le talent du cinéaste.

Thomas Tertois


+ d'infos
Voir ce film
 

À lire aussi
La Vie criminelle d'Archibald de la Cruz
Films | La Vie criminelle d'Archibald de la Cruz
Après les coups d'éclat avant-gardistes de ses débuts (Un Chien andalou, L'âge d'or), Luis Buñuel a su s'adapter aux exigences de l'industrie cinématographique mexicaine en revenant à des formes plus narratives et conventionnelles, accessibles à un large public. A-t-il renoncé pour autant à sa verve subversive ? Au fil de ses années... Lire la suite

Viridiana
Films | Viridiana
On n'insistera donc pas sur l'historique du film qui marque, après presque trente ans d'absence, le retour en Espagne de Buñuel ; sur le scandale de la Palme d'or à Cannes en 1961 ; sur les clameurs du Vatican et du régime franquiste réunis ; sur son interdiction en Espagne jusqu'après la mort de Franco ; sur les accusations de film... Lire la suite

L'Ange exterminateur
Films | L'Ange exterminateur
Une œuvre totalement surréaliste Des grands bourgeois de Mexico se réunissent pour une réception organisée par Edmundo et Lucia Nobile. Il se livrent, sans entrain, au jeu de massacre habituel des mondains dans un univers proche d'Oscar Wilde. Mais progressivement, les paroles et les actes des personnages semblent ne plus être motivés par... Lire la suite

Simon du désert
Films | Simon du désert
« Nous avons là le maximum de spiritualisme lié au maximum de réalisme », disait Buñuel à propos du film. Ici, la ferveur de la Foi naît du choc des contrastes : la grandiloquence de la colonne s'oppose au dépouillement de Simon, et la grâce de ses prières aux apparitions burlesques et teintées d'humour noir de Satan. Comme dans... Lire la suite

Terre sans pain
Films | Terre sans pain
On avait fini par admettre qu'il soit catalogué comme « surréaliste » et rangé sur le rayon correspondant des archives dédiées aux artistes du XXème siècle. S'est-il agité outre tombe pour faire tomber toute étiquette que l'on voudrait lui apposer, lui qui, comme Herzog, honoré en ce moment au Centre Pompidou, aurait pu clamer « J'ai... Lire la suite

Nazarin
Films | Nazarin
Tourné durant la période mexicaine de Buñuel, Nazarin constitue l'un de ses chefs-d'œuvre. Cette édition en DVD représente donc un événement majeur pour la connaissance de l'œuvre du cinéaste. Nazarin apparaît très proche, par les thèmes abordés et la manière de les mettre en scène, de Los Olvidados. On y trouve le même réalisme... Lire la suite

Luis Buñuel
Portraits | Luis Buñuel
L'Aragon natal (1900-1917)Luis Buñuel naît à Calanda, petit village aragonais. Peu après sa naissance, la famille s'installe à Saragosse, mais Luis retournera régulièrement au village. L'expérience de la brutale réalité aragonaise – paysage de rocs et de terre, caractère rude des habitants – constitue l'un des éléments majeurs de... Lire la suite

Un chien andalou, un film qui s'éprouve
Dossiers | Un chien andalou, un film qui s'éprouve
Après un court prologue nous montrant le réalisateur lui-même sectionnant avec un rasoir l'oeil d'une jeune femme, ce film truffé d'images obscures semble décrire les obstacles divers qu'un jeune homme rencontre pour rejoindre la femme (celle du prologue), objet de son désir. A un moment, il croise un double qu'il abat avec un revolver. La... Lire la suite

Rétrospective Luis Buñuel au Festival Premiers Plans d'Angers
Actualités | Rétrospective Luis Buñuel au Festival Premiers Plans d'Angers
Nous fêtions en 2000 le centenaire de sa mort avec moult événements, et voilà que Buñuel, talentueux et sulfureux réalisateur espagnol, revient sur le devant de la scène avec cette rétrospective angevine qui se prolongera en juin 2009 à la Cinémathèque française.Trente deux, c'est le nombre de films qu'il aura réalisés tout au long... Lire la suite

Rétrospective Luis Buñuel à la Cinémathèque Française
Actualités | Rétrospective Luis Buñuel à la Cinémathèque Française
D'Un Chien Andalou (1929) à Cet obscur objet du désir (1977), le réalisateur espagnol Luis Buñuel nous aura offert 32 films dont quelques chefs-d'œuvre. Son cinéma est marqué par le surréalisme, la subversion, le désir, l'humour, l'anticléricalisme, la critique des valeurs bourgeoises.Cette rétrospective fait suite à celle du Festival... Lire la suite