Actualités

Belles de nuit de María José Cuevas

40 ans après elle reviennent sur le devant de la scène, sur grand écran
Belles de nuit de María José Cuevas

Le documentaire ''Bellas de noche'', opéra prima de la réalisatrice mexicaine José María Cueva, est diffusé en avant-première en France et en outre en ouverture du festival Viva México de Paris, du 4 au 10 octobre au cinéma Luminor Hotel de Ville. Une plongée fascinante dans le monde des ''vedettes'' mexicaines des années 70/90.

Les vedettes, ce sont les reines du cabaret mexicain, engagées toutes jeunes pour des shows où strass, paillettes et talons hauts sont les artifices d'une gloire qui parcours le pays tout entier, des scènes de théâtre aux programmes télévisés enivrent les foules et font chavirer des cœurs. Mais, c'était il y a 40 ans déjà, et les cinq stars de l'époque que la documentariste a décidé de filmer, pendant 8 ans, ont bien changé. Le fard à disparu, les corps ont changé mais la soif de vivre est toujours là, malgré une jeunesse perdue à jamais. Elles résistent, la musique fait toujours partie de leur vie et les fait avancer.

Le montage alterne les photos d'époque, les archives télévisées qui servent à éclaircir le passé de ces cinq femmes. A chacune sa spécialité : Olga Breskín, la spécialiste du violon, Lyn May, une danseuse fougueuse et érotique, Princesa Yamal, personnage aux saveurs orientales, Wanda Seux, forte personnalité blonde et à l'aura immense sur son public et Rossy Mendoza, chanteuse et écrivaine fan de métaphysique.

La réalisatrice les filme dans leur vie quotidienne de femmes et parfois se propose, toujours en voix off, de les aiguiller sur tel ou tel sujet, d'approfondir tel ou telle remarque, mais toujours avec un regard bienveillant. On découvre alors des personnages qui ont tous gardé la prestance et le caractère trempé de ces années glorieuses, mais qui sont malgré tout bien différentes les unes des autres. Certaines assument plus que d'autres ce temps qui passe, d'autres ont trouvé de nouveaux masques pour continuer à conquérir un public qui a finalement trouvé ses ''vedettes'' du 21ème siècle.

José María Cuevas réussit le pari, pour son premier documentaire, de nullement lasser le spectateur, contrairement à de nombreux autres sur le bilan gloires déchues. Elle nous montre plutôt la vie, sans pathos, nous fait sourire, rire aussi, mais aussi réfléchir sur la solitude, la vieillesse. Et la leçon de vie se trouve très certainement dans ce que nous livre l'une de ces cinq ''rumberas'' mexicaine qui affirme que ''la peau vieillit mais non pas l'âme''.  

 

                                                               

Les rédacteurs