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« No es una búsqueda de amor, bueno es una búsqueda de amor pero en la sociedad. Cómo entendemos el amor hoy en día. Cómo ha cambiando sobre todo en España », María Anton Cabot.

(cf. BELDOCS - International Documentary Film Festival Belgrade, 2019)

affiche
Qu'est-ce que l'amour ? À l'heure où les conversations virtuelles et les rencontres via des applications mobiles semblent avoir influencé nos comportements et jusqu'à nos sentiments et nos émotions, que reste-t-il de l'amour ? L'amour avec un grand A, l'amour romantique, celui de toute une vie ? Et est-ce seulement cela l'amour ?

Questions philosophiques que María Anton Cabot aborde simplement en se plongeant dans l'intimité de ceux qui sont, peut-être, les plus concernés par le développement des nouvelles technologies et la question amoureuse, une dizaine de jeunes, d'adolescents, qu'elle rencontre au fil d'une journée de déambulation dans le parc du Retiro. Reprenant la méthode journalistique du micro-trottoir, la réalisatrice interroge des couples, hétéros ou homosexuelles, des groupes d'amis, filles ou garçons et leur pose les mêmes questions, simples et directes. On peut regretter toutefois ce parti pris de ne cibler qu'une certaine partie de la population tant l'on aimerait connaître les réponses de gens plus âgés et leur rapport aux nouvelles technologies, eux qui ne sont pas « nés avec » mais qui sont sans doute tout autant concernés par les changements sociétaux engendrés.

Un documentaire poétique

Ce qui intéresse la cinéaste ce n'est pas seulement comment on vit l'amour mais comment on en parle. Il y a dans cette interrogation une dimension sociologique puisque si l'amour est personnel et intime, il se vit toujours dans une société particulière et à une époque donnée.

Sous l'œil de la réalisatrice le parc du Retiro, poumon vert de la vie madrilène, se transforme en un jardin bucolique et idyllique, un espace verdoyant, propice à la rencontre et à l'amour. Dans les images soigneusement choisies qui ponctuent le film on retrouve tout un imaginaire largement répandu dans la culture occidentale, celui de la mythique Arcadie et du jardin d'Eden biblique. Jardin clos, unique lieu où l'amour pourrait librement se développer puisque coupé des contraintes propres à la civilisation et à la vie sociale.

Dans ce décor qui invite à la contemplation les couples amoureux s'embrassent lovés dans une grotte artificielle derrière laquelle coule une cascade. Se prélassent tendrement sur l'herbe. On y vient entre amis, naviguer sur de petites barques qui permettent de se regarder, de se rencontrer. Tandis que les oiseaux chantent et que les paons paradent et se pavanent. Mais cet oiseau, symbole d'orgueil et de vanité, ne nous renvoie-t-il pas à notre propre présomption, nous qui nous regardons constamment, nous prenant en photo avec nos téléphones pour réaliser des selfies que nous posterons immédiatement sur les réseaux sociaux ? Ne deviendrait-on pas amoureux de nous-mêmes ? Renfermés et tournés non pas vers les autres mais vers l'écran de notre téléphone portable dont la sonnerie semble venir perturber la sérénité de l'instant et le déroulement du film.

Plus que livrer un documentaire aux spectateurs, María Anton Cabot semble vouloir nous montrer que l'amour est aussi varié que les réponses apportées par ceux qu'elle interroge et choisit. L'amour n'est pas un mais multiple. Une déclaration tendre et poétique.

Vu à l'occasiuon du 24e festival Cinespaña à Toulouse le dimanche 6 octobre 2019.

Sophie Almonacil


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