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Un jour de chance, d'Alex de la Iglesia

Un jour de chance

Un film de Alex de la Iglesia
Avec José Mota, Salma Hayek, Blanca Portillo, Fernando Tejero, Juan Luis Galiardo, Santiago Segura
Comédie | Espagne | 2011 | 1h35

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Un jour de chance : résultat contrasté
Après l'explosif Balada Triste, on attendait beaucoup (trop?) du nouveau film d'Alex de la Iglesia. Sans être complétement décevant, Un jour de chance laisse un goût amer d'inachevé.
À l'origine du film, il y a un scénario machiavélique et passionnant, qui pouvait annoncer une mise en image tout aussi machiavélique et passionnante! Roberto (José Mota), au chômage comme beaucoup de ses semblables, tente sans succès de renouer avec d'anciennes connaissances professionnelles qui lui ferment la porte sans vergogne. Désespéré mais pas totalement dans le renoncement, il se rend dans la même journée sur les lieux de sa lune de miel : il souhaite y emmener à nouveau son épouse (Salma Hayek), afin d'y célébrer la longévité de leur amour, signe d'une vie qui se poursuit envers et contre tous. L'amour sauve de tout, c'est bien connu! Mais l'hôtel n'est plus : des fouilles ont révélé un site archéologique, et le lieu est transformé en musée. Roberto poursuit néanmoins sa visite. Une audace qu'il paiera par un accident stupide, comme tous les accidents, mais bénéfique à une époque où les médias sont en quête de toujours plus de sensationnel.

Car en filigrane de cette histoire somme toute très politiquement correct (visuellement et narrativement, à l'opposé de Balada Triste), subsiste une vraie dénonciation de la société des médias et de ses excès. Roberto comprend très rapidement les avantages que lui et sa famille peuvent tirer de cette situation rocambolesque : sans dévoiler le pourquoi du comment, il faut savoir que Roberto est coincé sur le lieu de l'accident, et que son immobilisation permet une agitation environnante constante, envahissante... et malsaine. Au milieu de cette foule de journalistes, badauds, médecins et autres personnels du musée, Roberto gère avec puissance sa notoriété naissante. Il assume, lucide et sarcastique, son statut de bête de foire, renonçant sans trop de difficulté à sa fierté pour sauver (financièrement du moins) les siens, qui assistent impuissants à l'agonie de leur mari et père.

Le point fort du film réside dans cette captation presque documentaire d'un fait divers fictif. Alex de la Iglesia filme comme nul autre ce moment où le quotidien bascule, où les repères n'existent plus, où le pire peut conduire au meilleur, où le voyeurisme devient une banalité. Là où l'œuvre est par contre plus faible, c'est dans son manque d'engagement, de provocation, de perturbation... On attendait une claque filmique, un choc comme seul Alex de la Iglesia sait en donner. Un jour de chance est peut-être le film de la maturité, ou en tout cas de la sagesse. En attendant le prochain!


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