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Chavela Vargas à Cinélatino Toulouse

Un documentaire d'émotions pures qui vous transporte et vous habite jusqu'au plus profond. "Chavela Vargas" se regarde et s'écoute la larme à l'œil, le sourire aux lèvres, le baume au cœur.
Depuis son enfance jusqu'à la fin de sa vie, suivons le parcours de Chavela Vargas, à travers des photographies, des interviews et des fragments de films.
Photo Ysunza

Ce documentaire raconte la vie de la chanteuse de manière chronologique. Nous découvrons une femme avant-gardiste, masculine, d'une beauté douce et brute, séductrice, talentueuse, courageuse. Elle a souffert du manque d'amour de ses parents, elle en sera marquée toute sa vie. Chavela partage avec la caméra ses réflexions sur l'amour qu'elle qualifie, pleine d'orgueil et de douleur, de primordial et d'éphémère.

Nous nous sentons privilégiés et intimes quand Chavela nous fait part, entre autre, de son histoire d'amour avec Frida Kahlo, qui apparaît à l'écran. Mais la grande solitude de la chanteuse laisse petit à petit place à l'alcoolisme qui s'installe pour une bien longue période de sa vie. Rebelle, douce, toujours élégante, forte, pleine d'humour, Chavela nous offre ses réflexions philosophiques sur la vie. L'évolution de sa carrière l'amène jusqu'à Madrid, elle y connaît une nouvelle étape, fulgurante de succès. Pedro Almodóvar, Laura García Lorca et Miguel Bosé nous décrivent les débuts de Chavela à la "Sala Caracol", son concert à l'Olympia aussi. Ils révèlent, émus, des anecdotes plus intimes et plus touchantes les unes que les autres.                                                                                        

Copyright Ysunza

Nous ne nous lassons pas de découvrir, au fil de ce documentaire rythmé, drôle et poétique, les profondeurs de cette femme aux émotions contagieuses : "mes valises chargées d'émotions, je les vide sur scène".
Chavela chante l'abandon, la solitude, la douleur et le bonheur de l'amour, le désir des retrouvailles de manière envoûtante. Sa voix grave et profonde coule à flot comme un torrent de force, une cascade d'émotions. Elle est qualifiée de prêtresse, de femme qui a lutté pour défendre ses libertés; on la voit se jeter à l'eau toute habillée, à 70 ans passés, lors d'une interview. Elle chantera jusqu'au bout, avec toujours la plus grande des élégances. Le documentaire de Catherine Gund et Daresha Kyi est capable de faire passer à travers l'écran les frissons du public qui assiste au dernier concert de Chavela, comme si nous y étions, nous aussi.

L'esthétique de ce film est aussi pure et sensible que le personnage de Chavela et que les personnalités interviewées. Les ponchos, les tissus traditionnels, les bijoux, les couleurs, l'identité et le style mexicain que l'on peut admirer tout  au long du documentaire sont un régal pour les yeux et viennent compléter tous les sens que ce documentaire a la capacité d'éveiller et de combler. Une synesthésie totale.
Des interviews authentiques et inédites, une douce simplicité et une sincérité touchante. Un film subtil et intimiste. Un chant dédié à "toutes les femmes du monde; épouses, mères, amies, amantes". Un message sage et porteur que nous révèle Chavela : "la vida cuesta mucho, sufres mucho, pero con tu verdad sales adelante siempre". Un documentaire saisissant de sensibilité qui résonne comme une ode à l'amour et à la féminité : "Es una bendición del cosmos que te hiciera mujer". Un bijou, que vous pouvez encore découvrir au Cratère (Toulouse) les 18, 22 et 26 mars prochains. Courrez-y !

Film vu à l'occasion des 30èmes Rencontres du Festival Cinélatino de Toulouse, Mars 2018. 

Julie Mies

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