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Affiche

La Verónica

Un film de Leonardo Medel
Avec Mariana Di Girólamo, Antonia Giesen, Ariel Mateluna, Patricia Rivadeneira
Drame | Chili | 2021 | 1h40
Verónica
Un film qui force le spectateur n’a qu’un seul cadrage sur l’actrice principale. Presque deux heures à comprendre les états d’âme de Verónica, mannequin épouse d’un joueur de football de très haut niveau. Jeune mère d’une deuxième magnifique petite fille délaissée. Mère orpheline d’une première fille décédée trop tôt. Femme jalouse, en dépression post-partum, dans un désir fou d’émancipation d’on ne sait quoi exactement. Une volonté d’exister autrement grâce au mirage des réseaux sociaux.

“Je voulais la suprématie du visage » a confié le réalisateur lors d’un entretien avec le festival de cinéma d’Amérique latine de Biarritz.

La Verónica est une possible critique de la société consommatrice d’images. Une femme, interprétée par Mariana Di Girolamo, au-delà de la crise de nerfs, une femme obscure et frondeuse. Un plan serré sur elle, du début jusqu’à la fin du film (Pedro García à la photographie). Des séquences qui nous en apprennent toujours plus sur sa personnalité, son histoire, sa relation aux autres. Une mise en scène contrôlée au maximum, une performance pour l’actrice bien entendu et un rapport tout autant tendu avec le spectateur. Tout devient désagréable avec La Verónica. On sent que nous allons aux limites du cadre, on essaie à notre tour d’en savoir plus au-delà des limites, de ne plus la voir, elle, mais les autres personnages, de la stopper dans sa descente aux Enfers.

 

« J’ai toujours pensé ce film comme une narrative de Youtube qui s’étire » (Biarritz).

La Verónica est un film dur, long et finalement cruel. Une satire sordide, l’essence d’une satire sordide, une image et une voix que nous aurons du mal à oublier. Nous ne connaissions que très mal le travail de Leonardo Medel, un peu plus celui de l’actrice qui avait déjà performé dans Ema de Pablo Larraín où, là déjà, la proposition cinématographique pouvait être perçue comme hermétique et très personnelle. Il semblerait que certains cinéastes chiliens soient tournés vers un langage frontal, poétique et plutôt punk. Les relations des personnages sont rêches. Les femmes se font mal, elles se cherchent, aiment, quittent ou tuent. Les borderlines crèvent l’écran… Pour dénoncer une soif de reconstruction ? Pour exprimer une identité ? Pour dire stop aux flux qui modifient nos sociétés à une vitesse grand V ?

La Verónica nous laisse perplexes, mal à l’aise, pensifs.

Sortie le 17 Août 2022

Marie-Ange Sanchez


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