Films

Affiche

Mamá, mamá, mamá

Un film de Sol Berruezo Pichon-Rivière
Avec Agustina Milstein, Chloé Cherchyk, Camila Zolezzi,
Argentine | 2020
Un diamant brut qui peut rester assez hermétique

Une piscine, un après-midi d’été, un drame. Comment se reconstruire suite à la disparition d’une fille, d’une sœur ? Mamá, mamá, mamá tente de répondre à cette question dans un court film empreint de toute la tradition du réalisme magique argentin. Les couleurs sont froides et diluées, pour rappeler ces après-midi d’été qui se languissent. Erín est toujours présente malgré son absence, elle nous prend par la main pour nous aider à traverser ce deuil qui n’est pas le nôtre.

 

Le script a gagné le prix Opera Prima 2017 de l'INCAA et a concouru à la Berlinade 2020 dans la catégorie Generation Kplus. Pourtant, force est de constater que le film ne parvient pas à toucher le spectateur. Celui-ci se retrouve quelque peu perdu entre les flashbacks et les retours dans le présent. La douleur de la mère, violente, reste dans les clichés et ne parvient pas à émouvoir. L’esthétique est toutefois intéressante ; la mort d’une sœur appelle le début de la vie d’une autre qui pense être enceinte en voyant le sang couler entre ses jambes pour la première fois. S’en suit un rituel où l’enfant qui n’adviendra pas est enterré : la culotte tâchée de sang se retrouve ensevelie sous terre. Les protections sont installées autour de la piscine alors que la cousine fait de l’œil à l’ouvrier.

 

Un petit film à hauteur d’enfant, tel un conte, qui tente de partager une vision originale de la mort. Cleo ne comprend pas tous les évènements qui se déroulent sous ses yeux ; ses cousines et ses tantes l’épaulent alors que sa mère s’effondre. Il nous faut lâcher prise pour parvenir à suivre le rythme de ce film qui s’étiole ; accepter de tomber dans un autre espace-temps, une autre perception du monde, une autre vision de la fin de l’enfance et du passage à l’âge adulte, sur l’entraînement aux premiers émois et aux premières expériences. Une période de transition filmée de manière originale, où les personnages ne peuvent parfois pas rester dans le cadre imposé par la caméra. Comme ce film, qui sort totalement du cadre classique de réalisation. Dommage qu’il ne parvienne pas à émouvoir et que les actrices ne sortent pas de certains clichés d’interprétation.

Aurore Kusy


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