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Affiche

Sentimental

Un film de Cesc Gay
Avec Javier Cámara, Griselda Siciliani, Belén Cuesta
Comédie dramatique | Espagne | 2020 | 1h22
Comment sauver son couple qui part à la dérive après des années de vie commune ?

Cinq ans après son précédent film Truman encensé par la critique (cinq Goyas tout de même) et plébiscité par les spectateurs, Cesc Gay adapte sa pièce de théâtre Los vecinos de arriba (Les voisins du dessus) pour revenir avec une comédie aussi délicieuse que savoureuse. Il n’est pas toujours facile d’adapter une pièce de théâtre au cinéma, d’autant plus lorsque le huis clos doit aussi apparaître au cinéma ; le réalisateur réussit son pari haut la main. Le spectateur oublie qu’il restera pendant plus de quatre-vingt minutes enfermé dans un appartement.

Le casting est incontestablement le point fort de Sentimental : Javier Cámara, déjà présent dans Truman, incarne un mari cynique qui peine à ravaler son mépris et sa frustration. Son interprétation éblouit par sa justesse de ton ; tantôt cynique (toujours avec le sourire néanmoins, et sans aucun éclat de voix !), tantôt mordant lorsqu’il fait face aux révélations de ses voisins beaucoup moins subtils que lui. Belén Rueda, pour sa part, est drôlissime dans son rôle de psychologue à côté de la plaque et Alberto San Juan nous régale en pompier fixé sur son obsession et qui ne comprend aucunement les remarques cyniques de son voisin (dommage qu’il s’efface dans la deuxième partie du film). Les dialogues sont cocasses, rythmés sans temps morts ; ils offrent quelques perles qui ne manqueront pas de provoquer des éclats de rire chez les spectateurs. La réflexion sur les différentes visions de la vie conjugale et la sexualité est très bien menée. Les rebondissements s’enchaînent, la liberté de ton est totale : les voisins du dessus cherchent à décoincer le couple petit-bourgeois qui s’est englué dans une relation emplie de frustrations. 

La réalisation n’est pas en reste ; la caméra se déplace dans cet appartement de Barcelone. Elle se balade entre le salon, la cuisine, l’entrée, les chambres, le couloir pour rythmer les échanges. Le spectateur comprend que quelque chose va se produire au fur et à mesure de ses déplacements ; l’ambiance devient de plus en plus gênante et cocasse. Malheureusement, si la première partie du film tient toutes ses promesses en nous régalant de jeux de mots et de situations olé olé, la deuxième, plus grave, ne parvient pas à tenir le rythme. L’apogée de la vision de la vie commune si différente entre les deux couples aboutit sur une fin convenue et prévisible… Dommage. La gêne combinée au comique des situations en font toutefois un film jouissif dans sa globalité. A découvrir !

Aurore Kusy


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