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Infierno grande

Infierno grande

Un film de Alberto Romero
Avec Alberto Ajaka, Mario Alarcon, Guadalupe Docampo, Héctor Bordoni, Chucho Fernandez
Science fiction | Argentine | 2019 | 1h 15min
38e Rencontres du cinéma latino américain de Pessac/Bordeaux 2021
Un western au féminin
Il s’agit de son histoire. De l’histoire d’un petit garçon et de sa naissance. De la chasse menée par son père à sa mère et de comment lui, l’enfant, s’en est sorti. C’est son histoire mais où est-il ?
Infierno grande est un road movie conduit par María (Guadalupe Docampo), fugitive de son propre foyer. Elle est la victime de violences conjugales. Le mari est interprété par Alberto Ajaka. Elle est enceinte et son plan d'évasion s'enclenche à l'improviste.

Le film est porté par l'actrice principale qui joue dans la subtilité les situations étranges qui lui arrivent sur le chemin de son village natale Naicó. Les acteurs secondaires incarnent des personnages presque farfelus : il y a le vieux voisin au service du mari violent et à l'esprit tordu, le voyageur à pied, féru de thé, venant de nulle part et se dirigeant on ne sait où (Mario Alarcón), le curé et son confessionnal-bicyclette (Chucho Fernández)... tous trois relativement monstrueux déstabilisent rapidement le spectateur. Le ton est donné. Ce n'est pas un film d'horreur mais fantastique. Un fantastique qui nous vient d'ailleurs, d'un territoire très peu habité, d'une pampa argentine, aux sols secs et à la chaleur lourde. Une sorte de western horrifique qui laisse à la femme plus de protagonisme. Plusieurs éléments nous rappellent l'étonnant Meurs, Monstre, Meurs (Alejandro Fadel): les lieux, les éclairages de nuit, les plans très radicaux dans leurs angles.

Et lorsque s'éveille un jeune garçon sur la place du passager dans la voiture de María, qu'il réapparaît de manière inattendue à plusieurs reprises, c'est aussi à Les révoltés de l'an 2000 (Narciso Ibáñez Serrador) que nous pensons.

Un film qui propose des références à une culture d'un peuple dit « originaire », une communauté d'autochtones dont on ne saura l'identité exacte. Il mêle ces références à une légende glauque qui fait de ce groupe étrange des « lumières dans la nuit qui enlèvent des gens ».

Un film qui suggère, qui reste ouvert à l'interprétation. Un film qui peut être lu à plusieurs degrés. Il nous a donné envie d'en savoir plus sur l'enfant né dans le Grand Enfer qu'est Naicó, et sa mère qui a su tirer la seconde balle dans le cœur de la violence machiste.

Film vu en ligne aux 38 Rencontres de cinéma latino-américain.

Publié le 30 mars 2021.

Marie-Ange Sanchez


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