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Rendez-vous

Un film de Pablo Olmos Arrayales
Avec Helena Puig, Antonio Alcantara Cruz
Thriller | Mexique | 2019 | 85 min
Festival Latinità (Grand Prix, Ajaccio, France),  Insólito Festival de Cine (Meilleur long-métrage latinoaméricain, Lima, Pérou), Košice International Monthly Film Festival (Best First Time Director, Slovéquie), Mórbido Film Fest (Calavera de oro, Mexico),, Espanto Film Fest (Mexico), Nox Film Fest (Salto, Uruguay), Indie Lincs (Best Feature Film, UK)
Un Rendez-vous ? Et bien plus encore…
Programmé au 23e festival Latinità du cinéma espagnol et latinoaméricain à Ajaccio, Rendez-vous, 1er long-métrage du réalisateur et scénariste mexicain Pablo Olmos Arrayales (Cf. les courts : Se busca niñera, ¿Por qué lo hago ?, Hojas, Ven a jugar ), est applaudi dans toutes les salles qui l'accueillent depuis le début de son humble distribution. Un film osé qui est bien plus qu'une expérimentation. Rendez-vous est hors-normes de par sa forme tout en nous rapprochant des récits amoureux contemporains. Un film universel pour la génération du « one shot » immergé dans un « one take, no cuts » réussi !

Il était une fois les plateformes de rencontre. Lili (Helena Puig, cinéma, théâtre et télévision au Mexique et en Espagne) et Eduardo (Antonio Alcántara Cruz, comédien et acteur, Un monstruo de mil cabezas de Rodrigo Plá) se sont laissé convaincre par ce moyen d'aspirer à l'amour. Le spectateur est le témoin de leur premier rendez-vous en chair et en os, sur fond de l'œuvre du grand artiste de Street art Sego (Tejedores de sueños, Museo Nacional de culturas populares). Un début de film digne des grands incipit : l'essence de la situation est claire et intrigante, la caméra légère, rusée et complice (Directeur de photographie : Luis Enrique Carrión AMC, assistant caméra : Frank Morgado).

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                              [Pablo Olmos, Luis "Oso" Orozco (Gaffer), Carlos Fernández (Mixer), Luis Enrque Carrión, AMC (DP), Nicolás Cruz Parker (2o assistant-caméra), Helena Puig (Lili)]

Nos personnages se sont intéressés l'un à l'autre via des missives textotées et se retrouvent en plein centre d'art de Coyoacán, là où les grandes histoires d'Hommes et de Femmes conquérants imprègnent les rues, les parcs, les bâtisses et la douce brise qui les berce. Comme nous l'a rappelé Pablo Olmos Arrayales lors de notre rencontre à Paris le 18 février 2020 à l'Institut Cervantes (cf. Interview), ce quartier - aujourd'hui délaissé par les cinéastes mais qui dans les années 50, était foulé par Frida Kahlo, Diego Rivera, Emilio Fernández (María Candelaria, Palme d'Or au Festival de Cannes en 1946), le plus important des cinéastes mexicains ou encore l'actrice Dolores del Río, la seule actrice mexicaine à avoir une statue sur le Hollywood Boulevard- était fondamental pour porter la chose la plus importante du cinéma à ses yeux : une histoire et ses subterfuges cinématographiques.

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                              [making of]

Les déambulations de ces deux personnages maladroits et décidés à dépasser le territoire du net, nous font découvrir avec romantisme l'animation des rues (marchands ambulants, les canaris de la chance, etc.) au fur et à mesure qu'ils se dévoilent et se révèlent eux-mêmes. Par de sages touches de sons atmosphériques (Carlos « Vikingo » Fernández et Aurelio « Yeyo » Cervantes, Miguel Angel Molina) et de musiques percutantes (Alvaro Arce Urroz), le réalisateur nous offre un grand film inspiré des classiques dans lesquels la bande-son est inhérente à l'image. L'usage du noir et blanc en est l'hommage le plus évident : il est dosé du début à la fin et évolue en contrastant pour se laisser savourer. On l'oublierait presque et pourtant on apprécie à quel point, tout le long du récit, il est un élément narratif fondamental. Puis c'est un autre défi technique et budgétaire du plan-séquence et de la prise unique que relève avec vivacité toute l'équipe du réalisateur. 85mn de film sans aucune coupe : une prouesse révélatrice d'un exigeant travail de préparation. Aussi strictes que puissent se révéler de tels choix esthétiques, le plaisir du spectateur ne s'en voit que décuplé et l'histoire apparait plus crédible (notamment avec la présence d' Anton Garfias au maquillage, cf. Roma d'Alfonso Cuarón). Rien dans ce film n'est une barrière, plutôt un tremplin pour notre question imaginaire commune : « Et si jamais ? ».

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                             [Pablo Olmos. Markin López (Luis) y Antonio Alcántara (Eduardo)]

Nous ne sommes pas les seuls invités à ce rendez-vous : il y aura le jeune voisin qui, avec sa bande de copains, a envie de s'enivrer dans cette période de festivités locales, il y aura Luis (Markin López) le cousin déjà saoul, vulgaire et envahissant dont Eduardo et Lili auront du mal à se dépatouiller. Il y aura aussi le folklore de la fête des morts dilué dans une soirée finalement ultra-bachique. Le tout pimentera l'intrigue. Nous ne souhaitons pas vous en révéler plus quant aux tournants amoureux vers lesquels s'acheminent Lili et Eduardo. Vous ne résisterez pas à l'envie d'envisager toutes les possibilités jusqu'aux dernières minutes de ce thriller.

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                            [making of]

Un Rendez-vous prémédité que l'on a hâte de voir largement distribué parce que le cinéma indépendant de la maison de production Axololt Entertainment créée par Eugenia Orozco, Braulio Fragoso Ríos et Pablo (tous de formation et d'expériences solides, y compris avec Carlos Espinosa à la postproduction) nous propose ici une performance sincère et professionnelle mêlant recours traditionnels, technologies précises et narration contemporaine.

En attendant de le voir projeté dans les meilleures salles, nous applaudissons déjà les différents festivals qui l'ont diffusé et primé : Festival Latinità (Grand Prix, Ajaccio, France), Indie Lincs (Best Feature Film, UK), Nox Film Fest (Salto, Uruguay), Espanto Film Fest (Mexico), Mórbido Film Fest (Calavera de oro, Mexico), Košice International Monthly Film Festival (Best First Time Director, Slovéquie) et Insólito Festival de Cine (Meilleur long-métrage latino-américain, Lima, Pérou).

La suite pour Pablo Olmos Arrayales et Axololt Entertainment sera, sans aucun doute, tout autant brillante et méritée que Rendez-vous est hautement recommandable. Merci à toute cette équipe de s'être investie pour la réalisation d'un opéra prima qui nous a impressionnés !

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                            [Wrap, une partie de l'équipe, des acteurs et extras]

* Pour info :

Le festival Latinità (Directrice : Marie-Claire Lucena) a récompensé également les films suivants :

PRIX DU PUBLIC : Mientras dure la guerra (Lettre à Franco) d' Alejandro Amenábar.

GRAND PRIX : Rendez-vous de Pablo Olmos Arrayales.

Mention spéciale : La cordillera de los sueños (La cordillère des songes) de Patricio Guzmán.

PRIX DES ÉTUDIANTS : Intemperie de Benito Zambrano

Mention spéciale : Rendez-vous de Pablo Olmos Arrayales.

PRIX DE LA CCAS (Activités Sociales de l'Énergie en Corse) : Intemperie de Benito Zambrano.

Marie-Ange Sanchez


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