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Acusada

Un film de Gonzalo Tobal
Avec Lali Espósito, Gael García Bernal, Leonardo Sbaraglia, Daniel Fanego,
Drame, Thriller | Argentine | 2019 | 1h 53min
Mostra de Venise 2018
Ce que les gens veulent croire
Film de Gonzalo Tobal distribué en France par Haut et Court, en salles dès le 10 juillet 2019. Un thriller inspiré d'un fait réel qui mêle le film de muchach@s au genre policier ayant pour liant le 5ème pouvoir : les réseaux sociaux.
Le film Acusada aborde le thème de l'accusation judiciaire d'une jeune fille (Dolores Dreier interprétée par Lali Espósito) face au crime de son amie commis à l'aube d'une fête où l'alcool, la drogue et le sexe envoûtèrent la majorité des jeunes participants.

La narration du récit fonctionne par des bribes d'images-réminiscences qui se multiplient au fur et à mesure que l'intensité du film s'accentue et que la confusion prend place. Ces flashbacks surgissent entre les scènes en famille dans lesquelles les liens sont explicités et les séances de préparation stratégiques pour le jugement. L'on bascule de l'intimité du foyer au système judiciaire coaché et médiatisé. Les relations suspicieuses qu'entretient l'accusée avec ses amies, ses conquêtes et l'opinion publique sont évoquées. La sphère médiatique occupe une place privilégiée dans le processus judiciaire : elle guette les agissements de toutes les parties et s'immisce avec une puissante violence dans le cours des événements. Les influenceurs de la place publique sont incarnés tant par les médias télévisés que par les réseaux sociaux, créant une force malveillante incapable de faire preuve de discernement. La catharsis médiatique est impulsée par le personnage mesquin du présentateur d'une émission à scandales interprété par Gael Garcia Bernal. Ses fidèles fans sauront apprécier l'engagement de l'acteur dans ce film qui dénonce la manipulation de la société par l'abus du recours à la presse à scandales.

Le casting du film repose sur un équilibre entre figures allégoriques des médias qui fonctionnent comme Dolores Dreier, l'accusée, évolue dans une frontière très étroite entre sa véritable expérience de la réalité et sa projection dans la réalité virtuelle de l'opinion publique qui colle à la peau de notre ère. A l'opposé, des talents confirmés comme Leonardo Sbaraglia Interprétant le rôle du père protecteur, Daniel Fanego dans le rôle de l'avocat de la défense. Le film prend le temps de dévoiler les cartes de chaque personnage mais sans jamais trop en dire ni trop en montrer. Le portrait de la jeune génération est tracé dans sa vulgarité mais aussi dans son authenticité, sans pudeur et avec respect car finalement elle est seule face à une société moderne qui n'empêche pas les dégâts des abus de pouvoir. A la même hauteur que l'actualité du jugement pour élucider la mort violente d'une jeune fille, les médias annoncent la présence d'un puma dans la ville. Quel est le véritable danger ? Le puma ? Une accusée ?

Gonzalo Tobal réalise un film avec un casting confirmé et dresse une dénonciation glaciale du pouvoir des médias sur l'opinion publique tout en faisant la lumière sur une société moderne manipulée et manipulatrice. La barbarie gagne du terrain sur la démocratie. L'opinion publique consomme des effets et non des faits. L'ombre d'un puma errant dans les rues d'une capitale n'est que l'ombre du véritable assassin écarté presque volontairement par la luxure de la mascarade médiatique.

Marie-Ange Sanchez


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