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La chute de Montesinos

Un film de Eduardo Guillot
Avec Miguel Iza, Eduardo Camino, Javier Valdez, Karina Jordán
Drame, Thriller | Pérou | 2018 | 1h 38min
Les « Vladivideos » et la chute des années Fujimori
Réalisé par Eduardo Guillot. Un premier long-métrage du cinéaste et producteur péruvien qui fait suite à sa série télévisée Matalché, (cf. Matalaché de l'écrivain Enrique López Albújar, 1928), à son court-métrage La historia de Liz Rojas (Prix du Public au festival de cinéma latino-américain de Boston en 2007) et le documentaire Pat Tillman Story.
La chute de Montesinos, Caiga quien caiga en version originale, sort en salle le mercredi 10 avril et est programmé au 11ème festival de cinéma péruvien qui se tient au cinéma Lincoln à Paris du 9 au 16 avril 2019.

L'action se situe dans le Pérou des années 2000 lorsque le gouvernement d'Alberto Fujimori veut faire éclater les réseaux de corruption qui gangrènent la classe politique, en la personne de Vladimiro Montesinos mais l'enquête révèlera que nombreux sont ceux qui portent la crasse du mensonge y compris le président.

Le casting puise dans les acteurs professionnels péruviens forts d'expériences de la télévision, de scènes théâtrales et quelques-uns des productions cinématographiques nationales. Nous retrouvons à l'affiche Miguel Iza dans le rôle de Vladimiro Montesinos (La ciudad y los perros de Francisco José Lombardi, 1985 ; El Limpiador de Adrián Saba, 2013; Rosa mística de Gaspar Flores, 2018) et Eduardo Camino (ici acteur mais également chef décorateur et directeur artistique) dans le rôle du procureur ad hoc de la Nation José Ugaz, Karina Jordán (une assistante) et Javier Valdez (le Ministre Bermúdez). C'est peut-être un parti pris assumé que de recourir à ces acteurs pour des rôles d'envergure historique, peut-être pour diffuser plus largement, mais c'est aussi un obstacle pour le spectateur non averti qui s'attend à des personnages incarnés à la hauteur du cas socio-politico-judiciaire.

Le langage cinématographique utilisé pour cette adaptation de faits réels est assez maladroit, il semble relever plus de techniques mélodramatiques télévisuelles que du film policier de grand écran.

Le thème est bien entendu le point fort du film. Il s'agit d'un épisode noir de l'histoire du Pérou. Le cinéaste montre l'ampleur d'un réseau de corruption ayant pour but l'enrichissement personnel et le pouvoir, dans les institutions légales et illégales.

L'originalité du film réside en l'absence physique du président Alberto Fujimori. Le cinéaste a recours à de nombreuses images d'archives. Là encore un parti pris risqué mais qui apporte de la profondeur à l'ensemble.

La chute de Montesinos raconte comment un procureur et ses assistants parviennent à exercer la justice contre vents et marées. Un sujet très ambitieux mais qui ouvre le cinéma péruvien sur l'international. Eduardo Guillot prépare actuellement son prochain long-métrage La pasión de Javier sur la vie du poète Javier Heraud avec l'acteur Stefano Tosso.

Marie-Ange Sanchez


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