Films

affiche

Mon meilleur ami

Un film de Martín Deus
Avec Angelo Mutti Spinetta, Lautaro Rodríguez, Mariana Anghileri, Guillermo Pfening
Drame | Argentine | 2018 | 1h 30min
Ecrans Juniors Cannes 2018, OUTshine Film Festival 2018 - Miami, Roze Filmdagen 2018 - Amsterdam, Lovers Film Festival LGBTQI Visions 2018 - Turin, CineLasAmericas 2018 - Austin
Mon meilleur ami, celui avec qui j'apprendrai
Un premier long-métrage frais et à la thématique qui repousse encore et toujours les frontières de l'intolérance : l'amitié avec l'autre, le miroir de notre reflet.
L'amitié à l'âge de l'adolescence, entre deux garçons, quand tout se trouble, quand les décisions peuvent éclairer un chemin, quand l'expérience de la vie débute dans nos tripes. Un film doux et simple, des personnages transparents. Leurs différences sont leur plus précieux apprentissage.

Quand le cœur parle

Lorenzo est un adolescent sérieux (Angelo Mutti Spinetta), fils ainé d'une famille où les conversations semblent fluides, la parole respectée. Un jeune frère, un père impliquée (Andrés, interprété par Guillermo Pfening vu en 2018 dans Nobody's watching de Julia SoloJulia Solomonoff) et une mère organisée (Mariana Anghileri dans le rôle de Camila, cf. Nobody's watching). Caíto (Lautaro Rodríguez) parachute dans cette famille qui souhaite l'accueillir du mieux possible. Il est l'élément mystérieux qui apportera le désordre et les questionnements, l'insouciance et le risque, l'amour et l'amitié. Des personnages qui forment une famille soudée, au fonctionnement pensé et aux blessures soignées. Le geste esthétique de Martin Deus est respectueux lorsqu'il les filme ensemble, souvent autour de la table. Sa caméra est stable et son point de vue neutre ce qui dénote avec son approche singulière des personnages dans leur individualité. La caméra est plus perceptible, à l'épaule, proche des visages mais toujours pudique lorsqu'elle veut capter l'éveil de la sensualité, la découverte des corps des adolescents, masculins et féminins, les cœurs qui éprouvent des émotions nouvelles. Les dialogues sont beaucoup moins agréables à suivre que les quelques chansons naïves des adolescents fredonnées sur des airs de guitarre classique. Les paroles sont précises et peut-être un peu trop mécaniques contrairement à la caméra (Sebastián Gallo à l'image, Alberto Ponce au montage).

Et que l'expérience décide

Lorenzo a la mission de surveiller le nouvel arrivant, suite à un accident grave qu'il a eu en moto avec son demi-frère. Caíto est montré comme un jeune plus rebel, plus expérimenté, plus perdu. Il boit de l'alcool, se perd à la nuit tombé et rentre au refuge sans trop savoir où se trouve sa place. Il est celui qui est plus imposant que Lorenzo mais dont la fragilité est montrée plus brute. Peut-être que le stéréotype est un peu forcé dans ce premier long-métrage de Martín Deus (5 courts-métrages et un documentaire).

Les deux personnages adolescents vivent des péripéties ensemble par ce partage du toit familiale forcé. Ils tirent profit de cette expérience et gagnent tous les deux en émotions sincères qui destabilisent autant qu'elles font du bien. Mon meilleur ami raconte l'initiation aus autres, aux émotions et aux prises de décision dans les journées brillantes et les nuits silencieuses.

Mon meilleur ami est un film qui peut déclencher le dialogue entre les adolescents et leur famille, les adolescents entre eux, les adolescents avec eux-mêmes. Ce film est doux et sort de l'espace de l'Argentine. La Patagonie n'est qu'un cadre commun à la narration subtile même si l'on sait que l'Histoire et la Géographie des sociétés expliquent aussi leur manière d'être aujourd'hui. Mon meilleur ami est un film où l'on découvre Lorenzo, un adolescent droit et apprenant.

Marie-Ange Sanchez


+ d'infos
Lien web
 
Voir ce film
 

À lire aussi
Nobody's watching
Films | Nobody's watching
Nico passe quelques auditions, est le baby-sitter du fils de son amie, côtoie d'autres migrantes « latinos » dans les jardins de jeux, occupe un canapé convertible dans le salon d'une jeune monteuse cinéaste, est barman dans un bar perché sur les toits de Manhattan, se déplace en vélo, combine des stratégies pour survivre tant... Lire la suite

Interview de Julia Solomonoff - Nadie nos mira (