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La familia

Un film de Gustavo Rondón Córdova
Avec Giovanni García, Reggie Reyes, Kirvin Barrios, Indira Jiménez, Ninoska Silva
Drame | Venezuela, Chili, Norvège | 2017 | 1h22
Semaine de la critique Cannes 2017, Horizontes latino Festival de San Sebastián 2017, Meilleur film Festival de Biarritz Amérique Latine 2017
La détermination
Drame social sur les écrans le 10 avril 2019 et programmé aux Regards de Valence en mars 2019, visible en 2017 au festival de Cannes, premier long-métrage écrit et réalisé par Gustavo Rondón Córdova (court-métrage Nostalgia en 2012, Berlin), distribué par Tamasa Distribution. Avec Giovanni García dans le rôle du père (Andrés) et de Reggie Reyes dans celui du fils (Pedro).
La caméra à l'épaule, le réalisateur suit de jeunes enfants aux gestes et aux mots brutaux, violents. Nous sommes dans une banlieue ouvrière de Caracas, capitale du Venezuela.

L'objectif s'attarde sur un enfant en particulier: Pedro, d'une douzaine d'années. Est-ce un enfant des rues ? Le spectateur est rapidement empli d'interrogations à son sujet. On le voit se faufiler dans un appartement qui semble vide d'occupants. L'immeuble est délabré, à l'image du quartier. Surprise, Pedro en a les clefs. Le lieu est meublé. A-t-il un toit ? Est-ce chez lui ? La mise en scène, très introspective, capte le spectateur qui développe un intérêt pour ce mystérieux préadolescent au visage si dur. On a besoin de comprendre sa situation et son parcours. Les déplacements de la caméra empêchent de tirer une conclusion hâtive. Ses mouvements discrets de caméra donnent envie d'en savoir plus sans passer par la case "préjugé". Que va-t-il arriver à Pedro ? Ses pas semblent si dangereusement imprévisibles.

Au petit matin, un homme entre à son tour dans l'appartement. Il a l'air de rentrer chez lui. Son frère ? Non ! Son père ? Oui ! Le jeune Pedro vit avec lui et cela nous laisse dubitatifs. Ils semblent partager plus un lieu qu'un quotidien. Ne font-ils que se croiser ?

Un père très peu présent, une mère absente. Où est-elle ? Est-elle seulement encore de ce monde ? La trame semble être posée. Le film peut maintenant se dérouler, nous croyons savoir où il nous emmène. Un film prévisible ? Non ! Un contretemps ultraviolent change la donne. Le spectateur découvrira ce qui se cache derrière les absences du père, l'errance du fils et la détermination comme moteur de leur survie, malencontreusement incertaine dans cette autre cité d'amour et de haine (cf. Les Amants de Caracas, Lorenzo Vigas Castes, 2016).

La Familia rappelle des valeurs qui pourraient être mises à mal par le fossé générationnel et le niveau de violence atteint par une société si appauvrie et délaissée qu'elle en est devenue sauvage. Cette histoire dénonce le niveau de pauvreté inacceptable concentré dans certains quartiers ouvriers de Caracas au Venezuela, néanmoins transposable dans bien des pays. Heureusement, l'amour que l'on porte à la famille est le moteur le plus performant du film. La solution la plus efficace aux problèmes d'Andres et de Pedro : la ténacité à faire en sorte que la progéniture existe et perdure.

Bravo monsieur Gustavo Rondón Córdova ! Les acteurs font briller leur personnage. Leur prestation offre l'inoubliable visage de l'authenticité. Un premier long-métrage dont on sort empli d'espoir et un peu plus conscient.

Stéphane Sanchez


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