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Improvisaciones de una ardilla

Un documentaire de Virginia García del Pino
Documentaire | Espagne | 2017 | 27min
22ème Festival Cinespaña de Toulouse 2017
Une réflexion nécessaire et intéressante sur la politique.
Aucun écureuil parlant dans ce documentaire ! le professeur de philosophie qui s'exprime s'appelle Josep Maria Esquirol, donc écureuil en catalan ! et il traite de sujets bien intéressants, derrière un titre digne de dessins animés : la politique, sa réception, sa médiatisation, son sens, sa vocation ; et il en parle de façon improvisée sur des images muettes tournées pendant un an par Virginia Garcia del Pino. Il s'interroge sur des phénomènes de la vie politique, sans aucun à-priori. Et lui redonne son sens profond.
Josep Maria Esquirol, né en 1963, est connu pour son travail de professeur de philosophie à l'université de Barcelone, pour ses prises de position en faveur d'une résistance au dogmatisme de l'actualité ; il a ainsi obtenu le prix national de l'essai pour son livre Résistance de l'intime en 2015.

Mêlant des images de public, de militants, de journalistes, depuis différents points de vue, le documentaire met à nu des phénomènes qui nous dominent ou les dominent, phénomènes de société qui révèlent les plaies mais aussi les fondements et beautés de l'acte politique, non seulement en Espagne mais de façon universelle.

Sur une douzaine de séquences en couleur ou en noir et blanc, mettant en scène des acteurs de la vie politique espagnole actuelle, sans à priori ni slogans ni paroles ni musiques, avec pour seul commentaire sa voix, il nous parle tour à tour de l'émotion du public, de la foi sincère des militants ou partisans, de la relève des générations nouvelles, de la médiatisation de la politique-spectacle, de la toute-puissance des écrans, des images, des médias,de la répétition inutile et vide qui engendre une dégénérescence .

C'est un point de vue philosophique qui est rendu nécessaire aujourd'hui par la sur-inflation, et aussi la quête de sens : la rhétorique, le manque de sens, le remplissage se sont substitués à l'acte objectif d'informer,ou d'agir pour la collectivité, et le professeur se demande , et à nous tous : mais qu'est-ce qui compte aujourd'hui ?

Sa réponse : ce qui compte c'est de croire à quelque chose, c'est l'engagement pour la vie collective, c'est la générosité que cela implique ,l'humilité nécessaire de l'homme public. Il redonne ainsi ses lettres de noblesse au politique, dévoyé par tous ces scandales à répétition.

Une réflexion juste et distanciée qui gagnerait à être diffusée largement....

Françoise-Claire Buffé-Moreno


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