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La millor opció

Un film de Oscar Pérez
Avec Koto Maelenain, Mercè Pons, Francesc Orella, Ali Brahim, Gaymula Larosi
Drame | Espagne | 2016 | 1h 23min
22ème Festival Cinespaña 2017
La millor opció: choc des cultures et adolescence ne font pas bon ménage.
Ce premier long métrage de fiction de Oscar Pérez, né à Girona en 1973, nous montre à la fois un choc de cultures et la difficile appréhension de la maladie ; c'est ce que doit affronter Koto, un jeune sahraoui qui vit depuis plusieurs années en Espagne, dans une famille d'accueil.

Basée sur la véritable histoire de Koto, né dans un camp de réfugiés à Tindurf, qu'il quitte à 13 ans pour cause de maladie, ce film est à mi-chemin entre document et fiction. Le personnage central est Koto,avec son monde qui s'effondre par l'irruption une nouvelle fois de la maladie et l'arrivée de sa famille biologique.

Un fils adoptif

Koto est partagé entre ses deux familles,toutes deux modestes ; mais aucune ne le reconnait ni ne l'accepte totalement. Il est l'incarnation à l'écran d'une rage contenue que semble comprendre sa mère adoptive, rage contre le père adoptif qui le menace de le renvoyer dans son désert, contre sa mère biologique qui est pourtant son meilleur recours : car il a besoin de façon urgente d' un donneur compatible de rein. Mais Koto s'est éloigné de sa famille d'origine, de sa religion. Ni tout à fait intégré ni tout à fait rejeté, Koto vit très mal une situation qui l'isole .

Le réalisateur, professeur de cinéma à l'Université Fabre de Barcelone, signe ici son premier long-métrage de fiction, après un documentaire sur les acteurs espagnols qui ont fui l'Espagne en 1927, Hollywood talkies, qui a été présenté dans plusieurs festivals, et El tram final, sur le delta de l'Ebre.

Tourné entre Tortosa et le delta de l'Ebre, il s'inspire donc de la véritable histoire de Koto Bonet qui vit sur le sol espagnol depuis dix ans, est joueur de l'équipe de Sant Jaume, et interprète ici son propre rôle à l'écran.

Dans un chromatisme de tons gris et bleutés, le film peut avoir plusieurs approches et aborde plusieurs thèmes, sans donner aucune solution. La fin, presque prévisible, reste en suspens, mais semble donner un répit au protagoniste torturé et révolté, en quête d'identité.

Le personnage de la mère adoptive, bienveillante, patiente et aimante, est sa seule lueur d'espoir.

Pourquoi choisir une situation – limite ? Peut-être parce qu'elles le sont toutes, c'est en tout cas un des aspects que chaque séquence offre ; situations précaires, intégration difficile, adolescence torturée, violence et alcoolisme latents, problèmes quotidiens effleurés.

Koto se débat et survit... dans un quotidien aléatoire comme la vie des gens humbles ; tranche de vie, plus que fiction, tel est le film d'Oscar Pérez qui finalement laisse un peu perplexe le spectateur, mais exprime le malaise et le mal-être du jeune sahraoui.

Présenté au 22ème Festival Cinespaña de Toulouse.

 

Françoise-Claire Buffé-Moreno

Publié le 27 septembre 2017.

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