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Affiche

Demonios tus ojos

Un film de Pedro Aguilera
Avec Ivana Baquero, Juan Pablo Shuk, Julio Perillán, Lucía Guerrero
Drame | Espagne | 2016 | 1h 34min
Biznaga de Plata de la Meilleure actrice et du Meilleur acteur, Prix du Jury Etudiant, Malaga
Diabolique fascination...

 

Ce troisième long-métrage de Pedro Aguilera, né en 1978 à Saint Sébastien, est un récit obscur, au propre comme au figuré, qui transgresse plusieurs interdits et nous questionne à la fois sur nos attirances, nos relations interpersonnelles et notre société. 

Sortie Nationale le 15 Juin 2017 pour le Festival "Dífferent! 10" à Paris.

Le titre déjà nous l'annonçait : il s'agit d'une histoire en quelque sorte diabolique, qui parle de fascination et de perversion, car le frère et la sœur qui vont se retrouver vont établir des relations pour le moins inattendues

Oliver, jeune réalisateur sans grand succès qui vit à Los Angeles, revient en Espagne. Avec Karen, sa compagne, il a une relation chaotique et compliquée.

Un soir, il a vu par hasard une vidéo érotique mettant en scène sa demi-sœur, plus jeune, Aurora ; curieux, il renoue avec elle des relations distendues par les années et le désintérêt.

Perversion, voyeurisme sont donc les thèmes difficiles que met en scène Pedro Aguilera. Oliver est peu à peu fasciné par sa jeune sœur, qu'il initie ; il va aussi s'introduire dans son intimité sans son consentement. L'attraction est réciproque, car Aurora est depuis longtemps fascinée par ce grand frère qui brave les règles familiales.

Les premières scènes du film nous mettent tout de suite dans le bain : dans un train, dans l'obscurité, un interviewer interroge Oliver sur la perte de l'innocence, jamais tout à fait involontaire. Puis Oliver tente de voler une photo d'une passagère qui s'esquive...

D'après Aguilera, son film dénonce l'omniprésence des images aujourd'hui, la vue est devenue le sens principal, nous l’ avons développé de façon inouïe, exagérée peut-être, au point que nous voyons ce que nous ne devrions pas voir (et diffuser ! il se tire une balle dans le pied...). Oliver, réalisateur, se mue en observateur plus qu'en acteur; et Aurora met une certaine complaisance à se mettre en scène, après la première réaction indignée. Cette expérience sans tabous provoquera une certaine forme de libération chez la jeune femme.

Récompensé au festival de Malaga, en 2017, nominé au festival du cinéma indépendant de Buenos Aires et à celui de Rotterdam, c'est un film à la fois troublant, fascinant et transgressif ; le réalisateur s'attaque à un tabou et surtout au pouvoir de l'image, qui va détruire les relations , ici avec perversion.

Il pose question, il interpelle et trouble.

Les scènes d'observation répétitives sont un leitmotiv un peu pesant, dans l'obscurité hyper présente; certains personnages sont peu développés, mais Ivana Barquero, alias Aurora, crève l'écran, innocente et perverse, victime et bourreau.

Un film qui dérange... À ne pas mettre devant tous les yeux.

Françoise-Claire Buffé-Moreno


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