Films espagnols

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El Pastor

Un film de Jonathan Cenzual Burley
Avec Miguel Martin, Alfonso Mendiguchia, Juan Luis Sara
Drame | Espagne | 2016 | 1h 45min
Nominations Meilleur film et Meilleur réalisateur, Festival Raindance de Londres, Festival Montréal, Canada, 21e Festival Cinespaña Toulouse 2016
Portrait d'un résistant des temps modernes

Anselmo est heureux, dans sa bicoque au milieu des champs, à l'écart d'un petit village près de Salamanque. Il est berger et il vit seul avec Pillo, son chien. Régulièrement, il va au café du coin boire un verre de vin ; souvent, il emprunte des livres à la bibliothèque qu'il dévore au milieu des étendues désertes. Un jour, des promoteurs immobiliers lui demandent de vendre ses terres puisqu'ils veulent construire un complexe immobilier haut de gamme. Les ennuis commencent...

Film découvert à l'occasion du 21ème Festival Cinespaña de Toulouse, du 30 septembre au 9 octobre 2016.

Le vendredi 7 octobre 2016. 

Un film poignant à la réalisation parfaite

Film à l'esthétique soignée, El Pastor (The Shepherd) présente le portrait d'un homme solitaire, vivant en marge de la société de consommation que l'on connaît tous aujourd'hui. Il vit heureux, bien plus heureux que les autres villageois avides d'argent qui possèdent les terres adjacentes et qui s'opposent à sa tranquillité. Acteur et opposants, la trame est posée : Anselmo devra quitter sa maison ou... quitter sa maison afin de céder son terrain aux cupides promoteurs immobiliers (pourris jusqu'à la moelle !). L'histoire est narrée sous des images bucoliques de soleil couchant, au milieu de champs et de brebis, le berger les surveillant du coin de l'œil lors de sa lecture de Charles Dickens. En effet, Anselmo n'est en rien concerné par toutes ces insultes qu'il encaisse avec dignité : la civilisation et la barbarie ont changé de camp.

Un film pour nous pousser à interroger nos réalités contemporaines

Les acteurs, peu nombreux dans ce long-métrage représentatif du cinéma espagnol contemporain qui manque cruellement de budget mais qui parvient à faire des merveilles, incarnent leurs personnages à la perfection : Miguel Martín, dans le rôle d'Anselmo, est particulièrement fantastique en berger ignorant tout de la cruauté humaine. La bande son, par ailleurs, plonge le spectateur directement au cœur du sujet dès les premières minutes lorsque la caméra s’égare en prenant son temps pour nous présenter le quotidien de cet homme avec qui l’empathie est immédiate. Tragédie des temps modernes, El Pastor nous émeut en nous poussant à interroger les problèmes contemporains du monde rural envahi par la modernité des villes dortoirs et du consommer toujours plus. Les spectateurs ouverts d'esprit parviendront au bout de leur réflexion suite au visionnage, mais tous les témoins seront sans aucun doute touchés par le sort de cet homme dont la folie s'empare (et on le comprend bien...).

 


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