Films espagnols

Affiche

Ma Ma

Un film de Julio Medem
Avec Penélope Cruz, Luis Tosar, Asier Etxeandia, Teo Planell, Alex Brendemühl
Drame | Espagne, France | 2014 | 1h 51min
Ma Ma, entre la vie et la mort

Ma Ma, le dernier film du cinéaste basque Julio Medem est un chant à la vie porté avec brio par Penélope Cruz. Cette dernière incarne avec justesse une femme mais aussi une mère qui se bat contre le cancer avec une incroyable soif de vivre. Ici, la mort et la vie se côtoient entre ombres et lumières. Audacieux et poignant, Ma Ma rend un hommage émouvant à toutes les femmes qui luttent contre la maladie.

Film découvert à l'occasion du Festival Dífferent! 9 à Paris, du 15 au 21 juin 2016.

Le jeudi 2 juin 2016. 

On ne l’avait pas vue à l’affiche depuis un moment, tout juste une brève apparition dans Les Amants passagers en 2013 de Pedro Almódovar, et Penélope Cruz nous prouve une fois de plus, avec ce rôle tragique, qu’elle est une très grande interprète. Dirigée pour la première fois par Julio Medem, elle y incarne Magda, professeure au chômage séparée du père de son jeune garçon.

Deux âmes réunies dans la souffrance

Dès le début du film, Magda apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du sein. Tout s’enchaîne alors, chimiothérapie, mastectomie… On suit son courageux et long parcours contre la maladie. Lors d’un match de football disputé par son fils Daniel, elle y fait la rencontre d’Arturo (Luis Tosar), entraîneur et recruteur du Real Madrid, tout juste touché lui aussi par un triste événement. De cette rencontre va naître une émouvante relation. Frappée par la maladie, Magda ne sombrera jamais, s’accrochant à chaque joie que lui souffle la vie. Le courage de cette femme nous porte. Elle nous transmet sa force. Medem vise le spectateur, tire sa flèche et Magda nous traverse. "Ma Ma" ne seraient-elles pas ses premières syllabes qui résonnent encore depuis le puits de notre enfance?


Lucia et le sexe, Les Amants du cercle polaire, Caótica Ana
 
Julio Medem est un réalisateur atypique et moderne où la poésie et l’onirisme se côtoient. De nombreuses scènes transportent le spectateur dans cet univers surprenant et singulier. Au tout début du film par exemple, la caméra se  promène dans un environnement que l'oeil n'arrive pas à déterminer. Nous découvrons alors des contrées gelées où apparait peu à peu la silhouette d'une petite fille... mystère. Scène troublante et énigmatique mais qui prendra toute sa signification. Le générique, en lettres rouge sang, défile sur ce paysage immaculé : Ma Ma, c'est une fois encore une attention particulière donnée à la photographie et à la mise en scène, élégante et soignée. L’image est chirurgicale, les tons bleus, froids sauf dans la chaleur de l’été à Tenerife, moments où le bonheur s’exprime pleinement. Le ton est donné! Le montage est alterné, la narration déstructurée. Le jeu de parallèle apporte un dynamisme certain au film. Bien loin de simples artifices, Medem orchestre une belle symphonie.
 
 
Fable d'un drame actuel

Dans Ma Ma, le réalisateur aborde un thème délicat et sensible. Pourtant, très vite le film laisse le drame de côté. Jamais il ne verse dans le mélo et le tire-larmes. Il garde même une certaine légèreté et de nombreuses scènes ponctuées de beaucoup d’humour. Et la tournure qu’il va prendre sera parfois déroutante.
Pourquoi pas une histoire simple, transparente et malheureusement commune? Pas de saturation mignarde avec Medem: il écrit, filme et monte sa réalisation. Il nous déroute et nous dérouille par son style métaphorique. Magda c'est nous toutes... et nous tous. Penélope Cruz élève le chant des sirènes, si présentes dans les films de Julio Medem, face à la mort pour mieux saluer la vie. Ma Ma, film d'une authenticité indéniable, fait du bien, tout simplement.
« Llorar, luchar, reír, sentir, amar, sufrir, soñar… Eso es vivir » comme le dit si bien la chanson de Nino Bravo, interprétée par un ami de Magda dans le film. Des mots qui résonnent comme une grande et belle leçon de vie.

Elise Chevillard


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