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Affiche film

Un soleil froid en été

Un film de Mathieu Gari
Avec Paulina Veltina, Júlia Ferré, Eli Piz
Drame | Espagne, France | 2015 | 1h00
Un regard contemplatif ?

"Tu recherchais à la campagne le romantisme de sa tranquilité. Et tu y trouves seulement ta propre misère." Ou comment sombrer dans les abymes tortueux de l'âme.

Le mercredi 10 février 2016. 

Mathieu Gari nous présente un film espagnol aux fortes réminiscences françaises (comme le montre le générique, où les cinémas Utopia de Toulouse et de Tournefeuille sont cités et où l’essai de Virginie Despentes, « King Kong Théorie », apparaît). Il est cependant tourné dans un village de la sierra andalouse. La sortie est prévue pour le 10 février et le réalisateur s’apprête à tourner son prochain film, « Liberté liberté».

Un film au petit budget

Un soleil froid en été commence par une note d'information aux spectateurs : le processus n'a bénéficié d'aucune aide économique. Tout comme d'autres films espagnols contemporains, tels ceux de la mouvance "#Littlesecretfilm" (Todo el mundo lo sabe a été tourné avec un budget de 2.000€ par exemple). Mais cela n'empêche en rien les réalisateurs de nous présenter de bons films qui rivalisent d'ingéniosité ; Todos tus secretos, de Manuel Bartual, en serait un très bon exemple. Pour Un soleil froid en été, le problème est autre : l'histoire est opaque et les acteurs ne sont pas à la hauteur. Certes, Mathieu Gari définit son film comme un "drame psychologique contemplatif". La définition est correcte, mais la réalité de la trame est autre. Le film commence donc par une belle image de maison perdue au milieu de la sierra andalouse, avec en premier plan les herbages qui se meuvent au gré du vent. Sur la droite apparaît une route qui descend de la colline. L’aspect contemplatif des images en noir et blanc fonctionne. Puis soudain, l'image se colorise. Deux femmes prennent le petit déjeuner sur la terrasse. La musique commence...et se coupe net au milieu d'un beau mouvement de piano, laissant un goût d'inachevé qui ne sera que le reflet du film que l'on va découvrir.

Un film alambiqué

Qui dit contemplatif, dit peu de paroles. Et heureusement, parce que la magie du cinéma est rompue par le jeu des actrices. Les dialogues sont forcés, les gestes ne sont pas crédibles, comme si tout avait été pensé et que les actrices ne parvenaient pas à incarner leur personnage. La seule scène qui sort du lot est celle de la discothèque : une femme boit seule, s’ennuie profondément ; une autre s'approche, la drague plus ou moins subtilement. Les regards se fuient, se jaugent de haut en bas, s'accrochent, un sourire s'esquisse, puis deux, un doigt est passé sur les lèvres : on y croit. Quant au reste... Beaucoup de questions demeurent en suspens et entravent la compréhension et le plaisir du visionnage. Les trois femmes se succèdent dans la villa; la jalousie, la violence, le sexe... Pour quel but, au final ?

 

Aurore Kusy


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