Films espagnols

Affiche Amama

Amama

Un film de Asier Altuna
Avec Amparo Badiola, Klara Badiola, Iraia Elias, Kandido Uranga, Ander Lipus, Manu Uranga
Drame | Espagne | 2016 | 1h43
Prix Irizar al Cine Vasco, 63ème Festival de San Sebastian, Nomination aux Goyas, Iraia Elias, Meilleure révélation féminine
Amama, un film vibrant

Amama est le premier long-métrage du réalisateur basque espagnol Asier Altuna. Après plusieurs courts et documentaires imprégnés de sa géographie d’origine, il met en scène les conflits d’une famille dont la vie rurale semble s’éteindre.

« Ces semences […] contiennent tout le savoir de nos ancêtres. Maintenant c’est à vous de continuer. »

Film vu à l'occasion du Festival Dífferent! 9 à Paris, du 15 au 21 juin 2016 et du 21ème Festival Cinespaña à Toulouse, du 30 septembre au 9 octobre 2016. 

Le jeudi 28 janvier 2016. 

Amama, c’est avant tout une légende, celle qu’on écoute attentivement, sans un clignement de paupières, celle aussi qui peut briser une famille ou la souder à jamais. Autour du caserío familial (exploitation agricole traditionnelle basque) évoluent les parents, le père intransigeant (Kandido Uranga) et la mère docile (Klara Badiola), la grand-mère silencieuse à l’aura vibrante (Amparo Badiola), leurs trois enfants, deux garçons (Ander Lipus, Manu Uranga) et une fille, Amaïa (Iraia Elias). Il y a également le bois, témoin de toutes les générations de fermiers. La famille fait face à un conflit d’héritage : la vie à la campagne peut-elle encore être possible ? Quelle réponse chacun des membres trouvera-t-il ? Quel sera ce nouvel équilibre ?
Amama, c’est « grand-mère » en euskera, la langue basque espagnole. Cette grand-mère silencieuse, au regard intense, va inspirer sa petite fille Amaïa dans ses recherches artistiques mais aussi dans ses choix personnels. Les travaux d’Amaïa, photographe et vidéaste, sont partie prenante de la narration : vidéo-montages surréalistes, images en Super 8, photographies, peintures. L’aspect expérimental, bien éloigné des récits habituels d’histoires familiales, offre une dimension symbolique et poétique.

La bande-son de Javi P3z et de Mursego, déjà primée au festival Cinémed 2015, rythme avec brio la narration. Elle inquiète, elle envoûte, elle libère ; et fait place enfin à un majestueux concert qui rappelle les Bertsolaris (chants d’improvisation traditionnels basques, cf. Bertsolari, documentaire réalisé par Asier Altuna en 2011).

L’ennui reste loin de la salle de projection grâce à une esthétique sincère et originale. L’ensemble est particulièrement soigné : plans larges de paysages, cadres resserrés sur les éléments végétaux mais aussi sur des bustes tenaces et des regards bouleversants. Les images réalistes des virées en ville (discothèque, hôpital, galerie d’art) se fondent aux vidéo-poèmes d’Amaïa et aux séquences oniriques en pleine nature. La mise à nu des conflits est incarnée par la présence répétée des mains des personnages, témoignages de liens familiaux. Elles conservent tout comme elles offrent, généreusement, l’histoire : celle de la terre, des hommes et des arts. Les dialogues sont concis, précis et essentiels. Dans une langue basque rude et sans artifice, les discours sont pudiques et émouvants.

Amama, lumineux hommage de l’artiste aux espaces qui l’ont vu grandir, est le conte de ceux qui décident de vivre sans renoncer.

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