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Affiche Les 7 vierges

Les Sept vierges

Un film de Alberto Rodriguez
Avec Juan José Ballesta, Jesus Carroza, Alba Rodriguez, Vicente Romero
Drame | Espagne | 2005 | 1h26
Prix du Meilleur Film au Festival d'Annecy 2006
Sortie en salles le 02 Avril 2008
Sortie en DVD le 22 Janvier 2009
Des 7 Péchés capitaux…
Prix du Meilleur Film au Festival Ciné Espanol de Annecy en 2006, ce nouvel opus d'Alberto Rodriguez nous emmène dans le no man's land d'une banlieue du sud de l'Espagne à la rencontre d'une jeunesse dépourvue de repère.
Les 7 vierges, dans la lignée d'un certain Ken Loach, nous invite à flirter au cœur d'un milieu ouvrier enfermé dans un quotidien de violence. Avec distance et dénué de tout pathos, ce troisième long métrage du réalisateur frôle l'aspect documentaire.

Tano, pensionnaire d'un centre de redressement, est exceptionnellement autorisé à sortir à l'occasion du mariage de son frère. Très vite, il retrouve son meilleur ami Richi et tente de renouer avec sa vie d'autrefois. Il se trouve rapidement dépassé par les événements, et malgré les recommandations de son frère, plonge en 48 heures dans les affres de l'alcool, du sexe et de la violence. Mais cette courte escapade suffit à Tano pour ouvrir les yeux sur son entourage, sa famille, ses amis, et tout son microcosme s'effondre peu à peu, le laissant avec une rage qu'il a du mal à contenir. La découverte de ce marasme dans lequel il vit, cette colère qui le ronge amène ce jeune homme à reconsidérer ses valeurs, ses principes, son avenir...

Dans une société dénuée de valeurs où la structure familiale est quasi inexistante, la jeunesse a bien du mal à trouver ses repères. Sans apporter d'excuses à la violence et à la criminalité du jeune Tano et de ses camarades, Alberto Rodriguez tente de nous montrer les cercles vicieux de cette société. Sans compassion, la caméra du réalisateur propose une mise en scène sobre parfois proche du documentaire. Face à la pauvreté, au chômage, à la drogue, ces jeunes sans modèle se retrouvent livrés à eux-mêmes avec pour seule échappatoire leur petite bande vivant de menus larcins. Les adultes, très peu présents dans le film, semble avoir abandonné la bataille et s'être résignés à ce monde sans avenir. Seule la jeunesse possède encore cette rage qui la mène plus vers la prison que vers un futur radieux.

Le jeu des 7 vierges, qui consiste à se regarder dans un miroir en attendant que ton futur te soit révélé, reflète bien cette peur de l'avenir. Le personnage complexe de Tano, partagé entre sa violence et sa soif de devenir, est magistralement interprété par un jeune acteur en devenir, Juan José Ballesta. Il a su trouver un jeu mêlant le côté enfantin de ce tout jeune homme et en même temps le regard noir d'un individu subissant le mal être d'une société en crise. Les acteurs souvent non professionnels qui l'accompagnent réussissent eux aussi à mettre en exergue cette peur de l'avenir qu'ils tentent d'exorciser par la violence.

Ainsi, Les 7 vierges est digne d'entrer dans le panorama des films de cette jeunesse qui subit de plein fouet les conséquences de l'industrialisation et de la « ghettoïsation » à l'excès.
Bérangère Fiszpan

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