Films espagnols

Affiche [REC]

[REC]

Un film de Paco Plaza et Jaume Balagueró
Avec Manuela Velasco, Ferran Terraza, Jorge Yamam, Carlos Lasarte, Pablo Rosso
Horreur | Espagne | 2007 | 1h20
Prix du Jury et Prix du Public au Festival du Film Fantastique de Gérardmer 2008
Sortie en DVD le 23 Octobre 2008
Gros coup de flippe
Au départ on rit un peu... beaucoup... strident. Et puis plus du tout. On avait vu le teaser : « haha, 'sont drôles les gens comment ils flippent... », on se croyait fort, on faisait le malin. Comme tout le monde, on s'est agrippé sévère à son siège.
Le film est tourné en HD. Film dans le film, à la manière de la télé-réalité, on regarde par la lorgnette d'un caméraman. Un type plutôt silencieux qui réalise un reportage pour la télévision sur la vie d'une caserne de pompiers avec sa collègue journaliste – plutôt loquace, elle. Dans la veine d'un Blair Witch, ou d'un Redacted (le Brian de Palma sorti en mars), ce « 24h avec nos amis les pompiers » montre le principe d'une immédiateté hyper réaliste. Les deux réalisateurs, Jaume Balaguero et Paco Plaza, sont coutumiers du genre. Ils avaient déjà réalisé OT : The movie, un documentaire sur Operación Triunfo, la Star Academy espagnole. Pour cette deuxième collaboration, ils s'attaquent au gore.

La vie de caserne, c'est la routine. Il ne se passe rien, les deux journalistes sont limite désespérés. Ils attendent de l'action, du show, du sensationnel. Au cœur de la nuit, la caméra est enfin embarquée dans le camion, avec les sirènes. Ils arrivent dans un immeuble, tout ce qu'il y a de plus banal. Inquiets, des voisins ont appelé en entendant une vieille dame crier à la mort.

On passe alors dans une autre dimension. L'image est plus saccadée. Caméra au poing. Du ton badin, on bascule progressivement vers l'horreur, puis le fantastique, et enfin le carrément gore. L'hémoglobine se met à gicler par litres. On se sent légèrement étouffer. On tente de reprendre son calme, mais vlan ! Les deux réalisateurs dosent à merveille les infarctus successifs qu'ils infligent aux spectateurs. L'équilibre est quasi parfait, entre le diffus sentiment de suspense – manière de maintenir l'illusion du répit – et les sauvages coups de massue flanqués en pleine tronche. Plus trash, tu meurs. Les minutes passent, l'espoir d'une issue heureuse s'amenuise comme une peau de chagrin. On s'y accroche quand même. Acmè. Le film n'est pas bien long... mais il semble durer une épuisante éternité... qui donne envie de beugler au machiniste : « S'il vous plaît, faites que ça s'arrêêêête !! ». Il y a ce truc un peu maso dans les films d'épouvante. On n'en peut plus, on n'ose plus trop regarder, mais on regarde quand même, pris au piège. La curiosité est un vilain défaut.

On ne peut rien raconter, tout obligés de laisser le lecteur sur sa faim. A donner des détails trop précis, on briserait l'effet. Tout ce qu'on peut conseiller, c'est de prévoir sa soirée, parce qu'il faut des heures pour se remettre de ces 80 petites minutes bien tassées. Revenir à la civilisation et à la raison est sacrément difficile

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