Ángela Molina était encore une enfant lorsque Tona Radeli, danseuse de flamenco dans la compagnie de son père, prononça cette sentence, certes prometteuse, mais tout aussi énigmatique. La jeune fille n’y accorda pas la moindre importance. Pourtant, elle est aujourd’hui, avec Ana Belén et Victoria Abril, l’une des actrices les plus prisées du cinéma espagnol.
Née à Madrid le 5 octobre 1955, Ángela Molina est la fille du célèbre chanteur Antonio Molina (Málaga, 1928 – Madrid, 1992) et appartient à une fratrie de musiciens et acteurs tout aussi considérés. Très vite, elle s’annonce comme la fille prodige de son père et montre une véritable fascination pour la scène : « à huit ans, je lisais le Quichotte, sans rien y comprendre, j’apprenais le français, et j’avais une maîtresse qui m’orientait dans les lectures. Mais je ne me suis jamais détachée du monde du spectacle. […] Dans les coulisses, je passais mon temps à fouiller les malles et à me déguiser. Ce que je pouvais m’amuser ! L’été, pendant les vacances scolaires, j’accompagnais mon père en tournée ; je préférais ça à la plage » (El País, 20/02/2005).
Au cours de sa formation, Molina côtoie des personnalités telles que la future réalisatrice Pilar Miró (Madrid, 1940-1997) ou les danseurs Karen Taft, Alan Baldini et Valentina Kashuva. Elève de l’École Supérieure d’Art Dramatique de Madrid, elle fait ses débuts comme professeur de danse classique espagnole en France et tourne pour la première fois en 1974, dans No matarás (« Tu ne tueras point ») de César F. Ardavín. C’est ainsi qu’elle entame une brillante carrière cinématographique.
Le film de Luís Buñuel, Cet obscur objet du désir (1977), dans lequel elle joue avec Carole Bouquet et Fernando Rey, lui vaut une reconnaissance internationale et lui ouvre les portes du cinéma européen et latino-américain.
Avec une centaine de films à son actif, Ángela Molina a travaillé pour des cinéastes tels que Jaime Chávarri (Les Choses de l’amour, 1988), Luigi Comencini (Le Grand Embouteillage, 1978), Ridley Scott (1492 : Christophe Colomb, 1992), Pedro Almodovar (En chair et en os, 1997 et Les Étreintes brisées, 2009) ou Bigas Luna (Lola, 1985).
Optant toujours pour le cinéma d’auteur, elle a souvent joué dans des films à forte thématique sociale, politique ou historique. C’est le cas par exemple dans le Cœur de la forêt (1979), Démons dans le jardin (1982) et L’Autre Moitié du ciel (1986), des films de Manuel Gutiérrez Aragón qui proposent un tableau allégorique de l’Espagne franquiste. « Des films, dit-elle, qui ont marqué mon âme et ma façon de travailler ».
Grâce à son « visage de vierge païenne » (L. Buñuel), à sa manière de jouer, mystérieuse et authentique à la fois, Ángela Molina a été consacrée par de nombreux prix tels que le David de Donatello, accordé par l’Académie italienne en 1986 pour son rôle dans Camorra (L. Wertmüller), ou la « Coquille » d’argent décernée à la meilleure actrice au festival de San Sebastián pour L’Autre Moitié du ciel.
Tout au long de cette immense carrière, l’actrice a fait de nombreuses incursions dans le monde de la chanson, du théâtre et de la télévision : elle est connue, notamment, pour son interprétation dans les séries La Commune (2007) et La Bella Otero (« La Belle Otero », coproduction hispano-italienne des années 1980).
Article proposé par Marta Martinez-Valls (sources Wikipedia et El País).
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. Sortie le inconnue.
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