Après les coups d’éclat avant-gardistes de ses débuts (Un Chien andalou, L’âge d’or), Luis Buñuel a su s’adapter aux exigences de l’industrie cinématographique mexicaine en revenant à des formes plus narratives et conventionnelles, accessibles à un large public. A-t-il renoncé pour autant à sa verve subversive ? Au fil de ses années d’exil, la reconnaissance nationale et internationale dont il bénéficie (Los Olvidados est primé à Cannes en 1951) lui garantit une liberté croissante dans le choix et la réalisation de projets de plus en plus personnels : c’est le cas de Ensayo de un crimen (1955). Sous la transparence de l’intrigue et la lisibilité apparente affleurent les échos de thématiques originaires (la puissance du désir, la névrose, la religion, le pouvoir, la bourgeoisie...), se manifestent à nouveau les influences de Sade, Freud et Bataille, se fissurent les modèles cinématographiques dominants empruntés pour mieux être désavoués par le cinéaste.
Dans ce portrait d’homme en proie à son obsession (pulsion meurtrière et sentiment de toute-puissance déclenchés par la boîte à musique), Luis Buñuel observe et décrit, avec la précision d’entomologiste qu’on lui connaît, les ressorts pathologiques de la paranoïa, qui ne cesse d’être à la fois le reflet et la conséquence de pathologies sociales tout aussi graves : « j’aime l’observation des animaux, surtout des insectes. Mais je ne m’intéresse pas au fonctionnement physiologique, à l’anatomie précise. Ce que j’aime, c’est observer les mœurs » confie le réalisateur dans son autobiographie.
Ainsi ce personnage masculin (comme déjà son prédécesseur, Él, en 1952) ne fait-il que pousser à l’extrême les normes sociales et morales d’une bourgeoisie où les relations homme / femme reposent sur un modèle de domination enfermant l’un et l’autre dans des rôles sclérosants. Et si les femmes y sont les victimes des hommes, ces derniers sont à leur tour victimes d’une folie générée par une éducation morale et religieuse garante de l’ordre social et des institutions. De façon ironique, Archibaldo de la Cruz se trouve privé par la loi du plaisir narcissique de la reconnaissance de son statut d’auteur de crimes.
Tourné au Mexique, ce film a pour contexte référentiel la société mexicaine post-révolutionnaire, et plus particulièrement sa haute bourgeoisie dont les membres ont su s’adapter aux changements et adapter les changements à leurs intérêts. Sans être exclusivement le reflet de la société mexicaine, il lui emprunte suffisamment de caractéristiques pour qu’elle soit davantage qu’un arrière-plan, il intègre ses mutations économiques et historiques tout en montrant ce qui n’a pas changé.
Article proposé par Françoise Heitz (texte officiel de présentation du film pour l'épreuve du CAPES 2009)
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ViridianaUn film de Luis Buñuel avec Silvia Pinal, Fernando Rey, Francisco Rabal, Margarita Lozano, Victoria Zinny. Sortie le 10 juin 2009.
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Simon du désert (extrait)Un film de Luis Buñuel avec Silvia Pinal, Claudio Brook, Enrique Alvarez Felix, Enrique Alvarez Felix, Hortensia Santovena. Sortie le 10 juin 2009.
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L'Ange exterminateur (extrait)Un film de Luis Buñuel avec Silvia Pinal, Jacqueline Andere, José Baviera, Enrique Rambal, Auguto Benedico, Luis Beristan. Sortie le 10 juin 2009.
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Terre sans painUn film de Luis Buñuel avec Abel Jacquin (voix). Sortie le 1er janvier 1933.
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Hommage à Luis BuñuelUn film de jonntell avec Catherine Deneuve, Fernando Rey, Paul Frankeur, Delphine Seyrig, Francisco Rabal .... Sortie le inconnue.
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L'Oeil de BuñuelUn film de Editions Montparnasse avec Jean-Claude Carrière. Sortie le inconnue.
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Un Chien andalou (Nantes 2010)Un film de Luis Buñuel avec Simone Mareuil, Pierre Batcheff, Salvador Dalí, Luis Buñuel, Jaume Miravitlles. Sortie le 16 janvier 1929.
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La Vie criminelle d'Archibald de la CruzA l'affiche Après les coups d’éclat avant-gardistes de ses débuts (Un Chien andalou, L’âge d’or), Luis Buñuel a su s’adapter aux exigences de l’industrie cinématographique mexicaine en revenant à des formes plus narratives et conventionnelles, accessibles à un large |
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ViridianaA l'affiche Au moment de rédiger quelques lignes sur Viridiana, le film de Luis Buñuel, on reste quelque peu perplexe avec en tête la question : que dire de plus ? Tout a été analysé, parfois même avec plus de science que n’en aurait souhaité le réalisateur. |
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Simon du désertA l'affiche Juché sur une colonne érigée en plein désert, Simon le saint homme passe ses journées à prier. Mais Satan, qui s’est incarné en une femme séduisante, use de ses charmes pour tenter l’homme inflexible... |
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Luis BuñuelPortrait Buñuel est considéré comme le plus grand des cinéastes espagnols, même s'il travailla à Hollywood, Paris, Mexico, aussi bien qu'à Madrid. Son oeuvre unique et libre a marqué le cinéma mondial. |
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Un chien andalou, un film qui s'éprouveDossier Ce film de Buñuel truffé d’images obscures, semble décrire les obstacles divers qu’un jeune homme rencontre pour rejoindre la femme (celle du prologue), objet de son désir... |
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