Prix de bonne augure pour Le Silence avant Bach à quelques jours de sa sortie en France, le 19 novembre. Un prix qui récompense le travail de Pere Portabella, cinéaste alternatif catalan, qui, film après film, explore des structures narratives originales. « En tant que réalisateur, confiait t-il à la revue Transfuge, j’ai pris la décision de ne pas accepter la codification narrative du cinéma majoritaire, dont les modes d’énonciation sont ceux du roman du XIXème siècle. Tandis que l’architecture, la peinture se sont libérés du figuratif pour explorer l’abstraction, le cinéma se couple trop souvent dans ce moule romanesque du XIXème. ».
Le Silence avant Bach est en effet un objet atypique en ce qu’il ne propose pas un Biopic - tant à la mode ces derniers temps en France – qu’une approche de la musique de Bach à travers plusieurs personnages actuels issus de classes sociales différentes. Ainsi de deux camionneurs qui, l’un, un brin philosophe, trouve dans la musique du maître allemand une manière de s’échapper de son quotidien, tandis que l’autre, peu disert, se plait à adapter à l’harmonica des sonates du compositeur.
En plus de ce Grand Prix, le jury a décerné une mention spéciale pour deux autres films : Tiro en la cabeza de Jaime Rosales, œuvre non-conformiste, filmé en téléobjectif et sans parole ; Lo Mejor de mi, le premier long-métrage de la réalisatrice catalane Roser Aguiler.
Thomas Tertois