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05/05/2007
La nouvelle Loi du Cinéma Espagnol rouvre la guerre dans le secteur audiovisuelUn avant projet de loi sur le cinéma avait été proposé par Carmen Calvo, ministre de la culture espagnole, à la fin de l'année 2006. Face aux critiques d'un grand nombre d'acteurs du secteur audiovisuel, le dossier a finalement été confié à la vice-présidente du Gouvernement espagnol, Teresa Fernández de la Vega dans le but de trouver un consensus.Remise en question de la loi du 5% Le projet de loi propose notamment d'augmenter la part du budget que les chaînes doivent allouer au financement de productions espagnoles et européennes. Celle-ci passerait de 5% à 6%. Une mesure que dénoncent avec force les télévisions commerciales en attaquant le principe même du financement de la production audiovisuelle européenne, protégée, il faut le rappeler, par la directive européenne « Télévision Sans Frontières » transposée en droit espagnol en 1999 sous le gouvernement Aznar. C'est d'ailleurs la Cour de Justice Européenne qui tranchera sur la légalité de cette mesure après la décision du Tribunal Suprême Espagnol de se dessaisir de cette question. Dans une interview au quotidien « El País », le président de l'UTECA (Union des Télévisions Commerciales Associées) et de Telecinco, Alejandro Echeverría, s'est félicité de cette décision qu'il juge être un pas important bien que non définitif. « Nous avons toujours défendu que la loi du 5% est une imposition arbitraire qui ne correspond pas à la directive communautaire. Cette décision du Tribunal donne raison aux télévisions et signifie que nous pouvons aspirer à ce que le 5% soit déclaré inconstitutionnel puisqu'un secteur privé se voit dans l'obligation de financer un autre secteur privé ». Les quotas critiqués A cela s'ajoute l'opposition de la FECE (Federación de Cine de España) qui conteste le maintien des quotas qui, si la loi est adoptée, ne s'appliquera plus par salle mais par session. Ces quotas remontent au régime franquiste et obligent les exploitants à diffuser sur quatre projections au moins un film espagnol ou européen. Une mesure de protection du cinéma espagnol qui en 65 ans d'existence n'a pas fondamentalement montré son efficacité. Néanmoins la FECE à l'instar de son Directeur Général, Rafael Alvaro, ne semble guère intéressée par les motivations de défense et de la promotion de la culture nationale et inscrit sa démarche dans une logique économique. « Forcer les cinémas à projeter des films sans intérêt pour le public constitue un grave préjudice pour les exploitants : durant les six dernières années les revenus se sont vus minorés d'au moins un milliard d'euros en raison de l'application de ces quotas ». La FECE menace de ne plus appliquer la loi des quotas dans un avenir proche. Recherche d'un équilibre Face à cette fronde, le Gouvernement propose de revenir au 5% de la loi de 1999 en accordant aux maisons de production un dégrèvement fiscal de 18% en contrepartie. Teresa Fernández de la Vega reste en revanche ferme sur l'obligation qui sera faite aux chaînes de diffuser 25% de films européens sur le total de leur programmation cinématographique. Rien n'a pour l'instant été avancé en ce qui concerne la question des quotas. Le Gouvernement espagnol se dit à la recherche d'un équilibre et devrait rendre dans les mois à venir un projet définitif.
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