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Capitaine Alatriste : entretien avec le réalisateur Entretien avec Augustín Díaz Yanes

Je ne voulais pas faire un film à grand spectacle. Je voulais faire plus que ça !

Capitaine Alatriste (en France à partir du 25 juin 2008) a été le succès de l'année 2006 en Espagne rassembant plus de trois millions de spectateurs. Tiré de romans d'Arturo Pérez-Reverte, cette adaptation regroupe la crème du cinéma espagnol (Eduardo Noriega, Unax Ugalde, Javier Camara, Ariadna Gil...) avec en vedette l'acteur américain Viggo Mortensen. Le réalisateur Augustín Díaz Yanes, déjà remarqué pour Personne ne parlera de nous quand nous serons mortes (1995), signe ici une version décalée du film de cape et d'épée en rejetant la figure classique du héros et en proposant un univers esthétique proche des tableaux de Vermeer.

Votre film est tiré de cinq romans dont le héros est le capitaine Alatriste. Il s'agit davantage de raconter une vie au cinéma que d'adapter une oeuvre littéraire… Comment avez-vous abordé l'écriture du scénario ?

C'est effectivement là que résidait le vrai défi du film. Arturo Pérez-Reverte, l'auteur des livres, m'avait même parlé de certains éléments de ses romans suivants, dont la mort du capitaine. Le coeur du problème réside dans la narration, même s'il ne s'agit pas de transférer tous les détails des livres sous forme d'images. Quand j'ai montré le scénario à Arturo, il l'a aimé. C'était bon signe. Il m'a dit qu'il aimait beaucoup l'esprit.

Comment définiriez-vous Alatriste ?

C'est un aventurier contemporain, un solitaire qui affronte le monde et a cependant son propre code d'honneur. C'est un exemple, à sa manière. Entre le bien et le mal, l'héroïsme et la misère… Tous les grands films reposent sur des personnages qui vivent dans des extrêmes, du bien ou du mal. Peut-être pour éviter que les spectateurs ne s'ennuient !

Viggo Mortensen peut se montrer troublant, dérangeant. Est-il un bon capitaine Alatriste ?

C'est un immense capitaine Alatriste ! Quels que soient ses films, ses rôles, il m'enchante. Pour celui d'Alatriste, il avait l'âge, le professionnalisme, le regard, le physique… et il est l'un des rares acteurs capables de jouer les héros d'action avec une réelle profondeur.

Vingt millions de dollars de budget, est-ce un autre challenge ?

Pour l'Espagne, c'est colossal, mais pour d'autres films, dans d'autres pays, ce n'est pas si énorme. Pour moi, c'est une responsabilité. C'est un cas particulier, parce que la force d'Alatriste vous entraîne avec elle, elle vous donne confiance. L'une des difficultés était de dépeindre l'Espagne de cette époque, le XVIIe siècle. C'était alors un empire assez semblable à ce que sont les Etats-Unis de nos jours. Mais le film parle aussi du délabrement de cette nation arrogante, et du présent. L'Histoire est cyclique.

Capitaine Alatriste se rapproche-t-il de Cyrano ou de La Reine Margot, ou davantage des Trois mousquetaires ?

Cyrano avait une mise en scène fantastique. Capitaine Alatriste est très loin des Trois mousquetaires parce qu'Alatriste n'a pas ce style du bretteur talentueux et flamboyant. Je ne voulais pas faire un film à grand spectacle. Je voulais faire plus que ça ! Pas un film philosophique, ce serait prétentieux, mais un film de personnages. L'Espagne du XVIIe siècle avait une dimension de confusion et de fausseté qui n'est pas sans rappeler notre époque…

Extraits du dossier de presse


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