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Palmiers dans la neige, une saga à l'eau de rose

01 Février 2017
Sortie en DVD le 01 Février 2017
Une histoire d'amour soporifique entre l'île de Fernando Poo (actuelle Bioko, Guinée Équatoriale) et un petit village des Pyrénées de Huesca, en 1953, réalisée par Fernando González Molina (Tres metros sobre el cieloTengo ganas de ti, les séries Los hombres de Paco et El barco). Le scénario, une adapation du best- seller de Luz GabásPalmeras en la nieve, publié en 2012, est signé du populaire Sergio G.Sanchez (El OrfanatoLo imposible).
affiche

Un long-métrage à la sauce série "historique"

Du début à la fin, Palmiers dans la neige [Palmeras en la nieve], au rythme lancinant de la musique de Pablo Alborán, propose une love story de Huesca (Pyrénées espagnoles) à l'île de Fernando Poo. Pendant plus de 2h30, le spectateur suit Clarence (Adriana Ugarte, déjà vue dans Julieta) à la recherche du secret familial découvert à la mort de son père. Quel gâchis d'énergie et d'argent à nos yeux pour une si grosse production (Nostromo Pictures, Palmeras en la nieve AIE, Telefónica Studios, entre autres) même si, en Espagne, le succès populaire a été au rendez-vous l'année dernière dans les salles obscures mais aussi à la Cérémonie des Goyas (Prix de la Direction artistique). 

Il est difficile d'apprécier un scénario qui nous laisse sur notre faim. L'histoire est banale bien qu'elle soit située dans un contexte historique peu abordé par le cinéma espagnol. La quête du secret familial est menée par Adriana Ugarte à la manière des rôles féminins de séries télévisées appréciées en Espagne actuellement : des femmes au caractère peu fouillé, aux sentiments plats, certes aventurières mais peu crédibles. L'équivalent masculin dans le récit est incarné par l'acteur en vogue Mario Casas mais dans un rôle bien en-dessous de ce qu'il a pu proposer dans les derniers films d'Alex de La Iglesia, le jubilatoire Mi gran noche (2016) et la comédie horrifique Les sorcières Zugarramurdi (2013).

Un contexte à approfondir

Le film met l'eau à la bouche par ses allers-retours constants entre la péninsule ibérique et la Guinée dite « espagnole ». Il a le mérite de mettre en lumière une migration qui a bien eu lieu dans l'Histoire espagnole et que l'on a envie de connaître. Cependant, la petite histoire, celle de Clarence, joue sur les clichés du choc des civilisations et dresse un portrait tout juste esquissé, voire déformé, de la réalité de l'esclavage et de l'exploitation des terres africaines. N'est-ce pas l'un des rôles du septième art de respecter l'Histoire?
Cette saga familiale trouvera sans nul doute son public.

Emmanuel Gas
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